Ces accidents sont dominés par les morsures. Rien d'étonnant, bien sûr, quand on connaît l'importance numérique et la place que tiennent certains animaux domestiques (chiens, chats) dans l'environnement de l'enfant et le rôle que beaucoup d'entre eux jouent dans leurs relations affectives.
9 millions de chiens, 8 millions de chats, 250 000 chevaux et autres équidés en France. Sans oublier les rongeurs (cobayes, hamsters, souris) et les espèces animales sauvages (singes, félins et autres mammifères) vivant au domicile ou regroupés dans des zoos, des réserves, des cirques et des ménageries.
Les mammifères sont responsables d'accidents très graves bien que rares : coups de corne, de sabot, ruades. Traumatismes crâniens et du rachis, de l'abdomen, fractures de membres, plaies vasculaires par embrochement de l'artère fémorale ou carotide ou d'une très grosse veine à proximité sont les lésions les plus fréquentes. Mais en fait, les griffures et les morsures dominent. Elles sont surtout imputables aux chiens (65 %), aux chats (25 %), aux singes et aux félins. Le chien forme avec l'enfant un véritable couple complice, grâce auquel l'animal peu combler certaines carences affectives de l'enfant. Il joue un vrai rôle de compensation à ses frustrations. L'animal est son confident et cette chaleur affective spontanée devient parfois débordante et tumultueuse.
L'âge moyen des victimes est de 5 ans (3 à 9 ans). Dans deux cas sur trois, les chiens incriminés sont des bergers de banlieue (faux bergers allemands) (race la plus représentée avec 400 000 individus), mais aussi des dobermans, de grands bâtards, des teckels, des bassets et des caniches particulièrement jaloux. Dans 50 % des cas, l'animal mordeur vit au domicile de l'enfant ou de son entourage (famille, voisin : 30 %) et connaît donc l'enfant. Les chiens errants ne représentent pas plus de 10 %.
L'agression se produit le plus souvent au niveau des lèvres (50 %), des joues et du cou. Mais mains, jambes (mollets) et organes génitaux externes chez les garçons (teckel) sont aussi fréquemment visés. L'attaque est d'autant plus facile que l'" adversaire " est de petite taille.
La gravité de la plaie résulte de l'action dilacérante des crocs qui arrachent les tissus et entraînent des blessures profondes, anfractueuses, avec possibilité d'infection. La gueule des animaux renferme en effet de nombreux germes qui se développent avec ou sans oxygène. D'emblée, la prévention associera donc des antibiotiques, un rappel de vaccin antitétanique si nécessaire, voire des gammaglobulines antitétaniques, " tétaglobulines " (prophylaxie provisoire de 15 jours) Au moindre doute, il faut adopter une prévention antirabique contre la rage dans un centre de l'Institut Pasteur habilité à cet effet.
L'hospitalisation est nécessaire une fois sur deux, en fonction de la gravité des plaies, et le risque est nettement supérieur chez le garçon (deux fois plus que chez la fille).
Un animal doit être contrôlé par l'homme
Les animaux domestiques doivent rester les familiers de l'homme et ne pas revenir à l'état sauvage, agressif parfois favorisé par certains propriétaires pour lesquels le chien est plus un animal de défense, voire d'attaque, que de compagnie. Si l'enfant est trop jeune, les parents se doivent d'assumer leurs responsabilités par une protection rigoureuse. Ensuite, l'enfant doit être progressivement averti des dangers potentiels et apprendre que les chiens et les chats ont droit à une certaine liberté et une honnêteté tranquille. Il s'agit de les traiter convenablement et de vivre avec eux en les respectant.
Une morsure de chien sur cinq environ laisse des séquelles justifiant le recours à la chirurgie plastique, qui ne peut résoudre tous les problèmes !
Quelques conseils impératifs
Ne jamais déranger un chien qui dort ou qui mange et ne pas lui retirer ce qu'il a dans la gueule (os ou jouet).
Ne pas s'interposer dans un combat de chiens, même si son propre chien en fait partie.
Ne pas maltraiter ou taquiner un chien, comme le tirer par la queue ou les oreilles (même pour jouer). S'il grogne, s'en éloigner immédiatement. Il en va de même pour le chat.
Ne jamais toucher un chien ou un chat inconnus, ni faire le premier geste d'amitié envers lui. Ne pas lui présenter son visage, en se penchant ou en s'asseyant à sa hauteur.
Se méfier des petits chiens des personnes âgées, souvent très jaloux et assez agressifs.
Tenir compte des maladies spontanées (rhumatismes) des animaux qui prennent de l'âge et qui peuvent mordre de douleur ou par prévention.
Ne jamais laisser un petit enfant seul avec un gros chien.
Le chien et le chat doivent avoir un " statut social " qu'on devra respecter
20 précautions pour une maison plus sûre pour vos enfants
Brûlures, intoxications, chocs... Les tout-petits sont, de loin, les premières victimes des accidents domestiques. Les risques sont clairement répertoriés. A vous d'anticiper et d'acquérir les bons gestes de sécurité
Jamais seul sur la table à langer
Ne laissez jamais votre bébé sans surveillance même si le téléphone sonne ou que son grand frère vous appelle. Les chutes de table à langer représentent le principal risque d'accident avant un an. Si vous devez vraiment vous déplacer, prenez-le dans vos bras ou recouchez-le dans son lit.
Couché sur le dos dans son berceau
Respectez les conseils de couchage qui ont fait leurs preuves depuis cinq ans : pas de couette ni d'oreiller avant 1 an. Le soir, couvrez votre bébé avec un surpyjama et couchez-le sur le dos, sur un matelas ferme. Et veillez à ce que la température dans sa chambre n'excède pas 19°C.
Un bain ni trop froid ni trop chaud
Limiter la température de l'eau chaude à 50°C, en réglant le chauffe-eau, en présence du plombier si possible. Toujours faire couler de l'eau froide après avoir utilisé l'eau chaude. Laisser un thermomètre dans l'eau (même si cela vous paraît froid, la bonne température pour le bain de bébé, c'est 37°C !). Ne jamais le laisser seul dans la baignoire même avec un siège de bain.
Toujours vérifier la température du lait
Encore trop de brûlures de la bouche et de l'oesophage surviennent. Les récipients en verre ou en plastique ne retenant pas la chaleur, on est trompé par le contact « tiède » du biberon tandis que le liquide est bouillant. Le temps de chauffage varie aussi d'un appareil à l'autre. Faire couler des gouttes de lait sur votre avant-bras pour vérifier la température.
Pas de petits objets à sa hauteur
Procéder plusieurs fois par jour à une vérification en bonne et due forme tout au long de son parcours : les piles bouton sont les plus dangereuses, surtout celles qui sont au mercure ou au potassium. Attention aussi aux boutons, perles, petits jouets, cacahuètes ou olives... Votre tout-petit ne se contente pas d'avaler ces « trésors », il est aussi capable de les mettre dans ses narines ou dans ses oreilles ! Raccommoder sans tarder les jouets et coussins qui laissent échapper du rembourrage (Kapok, coton, etc.).
Des prises électriques intouchables
Ne pas attendre qu'il marche à quatre pattes pour les équiper de cache-prises à ventouse ou à clé. Si vous faites refaire votre intérieur ou si vous êtes bricoleur(se), changer vos anciennes prises pour des prises à éclipses dont les orifices sont fermés en permanence. Jamais de rallonge qui traîne en étant raccordée à la prise mais pas à l'appareil.
Arrondir tous les angles
On trouve maintenant partout (magasins de puériculture, grandes surfaces, VPC, etc.) des coins de protection adhésifs en caoutchouc transparent ou en polystyrène. A placer sur les tables, tables basses, commodes, bureaux, coiffeuses... Bref, partout où il passe !
La porte du four protégée
Si elle n'est pas isotherme, on l'équipe d'une grille de protection. On explique toutefois très tôt au tout-petit qu'il ne faut jamais toucher au four même quand il est vide. Eviter de laisser votre enfant déambuler en trotteur dans la cuisine. Avec ses roulettes, le risque de percuter les appareils de cuisson est multiplié.
L'armoire à pharmacie inaccessible
Elle est accrochée en hauteur, plutôt dans la salle de bains (dans les toilettes, un petit peut y accéder facilement). On y range systématiquement les sirops, les comprimés et même les pastilles pour la gorge. Il n'y a pas de médicaments « anodins » et encore moins de médicaments « bonbons ». Tous les parfums et les produits cosmétiques alcoolisés représentent autant de sources d'intoxication pour l'enfant.
Les couteaux dans un tiroir secret
Couteaux, ciseaux, piques de brochettes et tous les objets tranchants sont placés en hauteur. Utiliser des dispositifs bloque-tiroir et bloque-placard aussi bien dans la pièce de tous les dangers, la cuisine, que dans le reste de la maison. Les couteaux ne restent pas à la portée des petites mains sur la table ou le plan de travail. L'interdiction d'y toucher doit être formelle : pas question de le laisser manipuler les ustensiles dangereux sous prétexte qu'il est dans vos bras.
Les robots ménagers rangés après usage
Hachoir, mixer, centrifugeuse. Tous ces appareils le fascinent. Quand il vous regarde préparer une soupe avec un robot, il n'a qu'une envie : essayer ! Sitôt après usage, débrancher tous les appareils, les rincer et les ranger. Attention aux lames de mixer mises dans le panier du lave-vaisselle ouvert.
Les produits dangereux sous clé
L'eau de javel est la première cause d'intoxication due à l'ingestion de produits toxiques. Les flacons, munis de bouchons de sécurité, restent trop souvent ouverts. Le petit curieux peut avoir envie de porter à la bouche ces produits, du débouche-évier au white-spirit. Sans oublier les poudres à laver. Rangez donc hors d'atteinte tous ces poisons et expliquez-lui avec force grimaces et contorsions qu'ils sont mauvais pour sa santé.
Attention aux sacs en plastique
Ne pas les laisser dans la cuisine ou le salon quand vous déballez vos achats. Les jeunes enfants adorent les enfiler sur la tête pour faire le pitre et risquent l'étouffement. Attention aussi aux petits endroits étanches et confinés où ils pourraient s'enfermer : coffre à jouer, cagibi, gros carton, etc.
Garder chien et chat à distance
L'enfant et l'animal prendront autant de plaisir l'un que l'autre à jouer ensemble... jusqu'au moment où le tout-petit finit par prendre son compagnon pour un nounours vivant. Chaque année, entre 20 000 et 30 000 enfants sont mordus. Huit fois sur dix par leur propre chien. Commencer par lui apprendre à respecter le territoire de son animal familier ( sa corbeille, sa gamelle, sa balle). Ne pas le laisser seul avec lui. Ces précautions s'appliquent aussi pour les chats, qui ne doivent surtout pas s'introduire dans la chambre d'un bébé qui dort, pour éviter que l'animal ne se couche contre lui et ne l'empêche de respirer.
Les fenêtres bloquées
Entre 15 mois et 7 ans, on recense 200 cas de défenestration par an. Il ne faut placer de meuble sous la fenêtre pour éviter qu'elle soit accessible. Mieux vaut également équiper les fenêtres d'un bloque-fenêtre qui ne vous empêche pas d'aérer la pièce
Un balcon impossible à escalader
Si les barreaux de la balustrade sont assez espacés pour laisser passer sa tête, poser un grillage tout autour. Attention qu'il ne puisse pas l'escalader une fois posé. (s'il forme un quadrillage, les espaces doivent être suffisamment serrés pour l'empêcher d'y passer pied).
Chaudière et chauffe-eau bien réglés
Produit par une chaudière ou un chauffe-eau mal réglés, le monoxyde de carbone est un gaz extrêmement toxique : il est à l'origine de près de 8 000 intoxications et 400 décès par an. Inodore, il provoque chez tous les membres de la famille présents dans la maison des symptômes qui font d'abord penser à une intoxication alimentaire : nausées, vomissements, maux de tête... Ces troubles s'aggravent plus vite chez le jeune enfant. Pour éviter les émanations de monoxyde de carbone : faire régler et ramoner ses appareils à combustion, ne jamais obstruer les grilles de ventilation du chauffe-eau. Pour plus de sécurité, on peut aussi placer un détecteur de monoxyde de carbone de plafond.
Fini les portes qui claquent
Dès qu'il tient debout, lui apprendre à ne jamais rendre appui sur un encadrement de porte et à ne jamais y glisser ses doigts. On ne peut aussi placer sous la porte une languette spéciale qui la bloque grâce à ses embouts antidérapants. Egalement efficace sur la moquette, le parquet, le carrelage ou le sol plastique
Des escaliers inaccessibles
Ils sont protégés par une barrière amovible en haut et si possible en bas. Avant de savoir marcher, votre enfant peut apprendre avec vous à monter et à descendre les marches à quatre pattes. Veiller à ce que les escaliers soient toujours bien éclairés, avec un interrupteur accessible, et lumineux si le couloir est sombre.